La dette constitue un obstacle majeur à l’action climatique, mais c’est un obstacle qui peut être surmonté. Agir sur la dette pourrait être l’une des solutions climatiques les plus efficaces et les plus réalisables à notre portée.
Les crises de la dette et du climat sont profondément liées, enfermées dans une relation toxique dont les pays et les communautés en première ligne de la crise climatique paient le prix. La crise mondiale de la dette frappe de plein fouet les pays les plus vulnérables au changement climatique, alors même que les catastrophes climatiques s’y multiplient et gagnent en intensité.
Les pays en première ligne de la crise climatique sont contraints de consacrer une part considérable de leurs budgets nationaux au remboursement de leur dette souveraine. Ces flux financiers favorisent l’expansion des énergies fossiles, freinent l’action climatique et le développement durable, tout en laissant les communautés davantage exposées aux impacts croissants du changement climatique.
Le cercle vicieux entre la crise de la dette et la crise climatique s’aggrave d’année en année, entraînant une hausse des émissions de gaz à effet de serre, une accélération des catastrophes climatiques, un ralentissement des mesures d’adaptation et d’atténuation, ainsi qu’un endettement toujours plus profond.
Le nouveau rapport d’ActionAid, « La dette alimente la crise climatique : comment circulent les financements », met en lumière les données qui révèlent les liens étroits entre les crises climatique et de la dette. Les données disponibles montrent notamment que :
- Les pays les plus vulnérables face au changement climatique consacrent au service de leur dette près de 25 fois plus qu’à l’action climatique, alors que le service de la dette absorbe 65 % de leurs recettes publiques cumulées, indique un nouveau rapport d’ActionAid.
- Le Sud global paie environ 225 fois plus pour rembourser sa dette que ce qu'il reçoit en financement climatique sous forme de subventions - 8 800 milliards de dollars américains de remboursements en 2026 contre 39 milliards de dollars US de subventions climatiques en 2024.
- 93,5 % des pays les plus vulnérables face au changement climatique présentent un risque de surendettement, ou sont déjà en situation de surendettement.
- L’annulation de leur dette permettrait à ces pays de financer six fois le volet inconditionnel de leurs plans climatiques nationaux, ou de couvrir deux fois leurs dépenses cumulées actuelles consacrées au climat, à la santé, à l’éducation et à la protection sociale.
Le rapport est lancé pendant la Semaine mondiale de l'action pour le climat (14-20 septembre), lorsque ActionAid fera équipe avec de jeunes militants et des mouvements sociaux du monde entier pour pousser les gouvernements et les institutions financières internationales à affronter les crises interconnectées de la dette et du climat. Ces mobilisations font partie de la campagne #FundOurFuture d'ActionAid, qui appelle à l'annulation de la dette, à un avenir sans combustibles fossiles et à un financement basé sur des subventions pour l'adaptation au climat, une transition juste et des solutions dirigées par les communautés comme l'agroécologie.
Il s’agit du quatrième rapport annuel phare de la série “Comment circulent les financements » d'ActionAid, qui examine de près les flux financiers alimentant la crise climatique. Les rapports précédents ont étudié comment les banques mondiales financent les combustibles fossiles et l'agriculture industrielle dans le Sud global (2023), les fonds publics et subventions soutenant ces secteurs (2024), et la faible part des financements climatiques qui parvient aux initiatives en faveur d’une transition juste (2025).