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Photo de famille des participants au dialogue provincial d’Uvira

DIALOGUE PROVINCIAL

Faire avancer des solutions durables pour restaurer l’espoir, la dignité et l’avenir des personnes touchées par la crise au Sud-Kivu.

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Du 15 au 16 octobre 2026, ActionAid RDC en collaboration avec les personnes touchées par les crises humanitaires ont organisé à Uvira, dans la province du Sud-Kivu, un dialogue provincial réunissant plus de 140 participants, parmi lesquels, des représentants des communautés affectées, des autorités provinciales et des acteurs humanitaires.

Placé sous le thème « Faire avancer des solutions durables pour restaurer l’espoir, la dignité et l’avenir des personnes touchées par la crise au Sud-Kivu », cet espace a constitué un cadre d’échange et de concertation permettant aux populations affectées, notamment celles des territoires de Fizi et d’Uvira, de faire entendre leurs préoccupations, de partager leurs expériences des réalisations humanitaires et de formuler des recommandations sur les défis auxquels elles sont confrontées.  L’objectif était de renforcer la participation des communautés dans les décisions qui concernent leur avenir et de contribuer à l’identification de réponses inclusives, adaptées et durables à la crise humanitaire de plus de deux décennies .

Une participation active des agences des Nations Unies et des autorités provinciales

Le dialogue provincial a connu une large participation des agences du système des Nations Unies, notamment le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), le Programme alimentaire mondial (PAM) ainsi que des autorités provinciales à travers plusieurs ministères, notamment :

Le ministère provincial du plan ;

Le ministère provincial de l’Éducation, des Sports et Loisirs et de la Jeunesse ;

Le ministère provincial des Affaires humanitaires et de la Santé ;

Le ministère provincial de l’Agriculture ;

Le ministère provincial de la Justice, du Genre, de la Famille et de l’Enfant.

La présence de ces institutions et partenaires a permis de réunir différents secteurs autour des préoccupations des populations affectées par la crise au Sud-Kivu.

À travers leurs contributions, les agences des Nations Unies et les représentants des autorités provinciales ont partagé leurs analyses, leurs expériences et leurs perspectives sur la situation humanitaire ainsi que sur les défis auxquels les communautés sont confrontées. Leurs interventions ont enrichi les échanges et contribué à la réflexion collective autour des réponses à apporter aux besoins des populations.

Cette mobilisation a également souligné l’importance de renforcer la coordination et la collaboration entre les autorités provinciales, les acteurs humanitaires et les communautés afin de promouvoir des réponses inclusives, adaptées et durables à la crise.

ActionAid accorde une attention particulière à la parole des communautés affectées

Pour Monsieur Saani Yakubu Mohammed,Ph.D, Directeur Pays d’ActionAid RDC souligne que ce dialogue provincial représente une occasion importante de faire entendre les préoccupations des populations directement touchées par la crise, particulièrement dans les territoires de Fizi et d’Uvira.

“ActionAid a préféré rapprocher et remonter la voix des personnes affectées, particulièrement celles des territoires de Fizi et d’Uvira aux décideurs au niveau provincial afin d’exprimer leurs besoins et leurs préoccupations liés à la situation qui prévaut dans leurs zones”, a-t-il expliqué.

A travers cette initiative, ActionAid entend ainsi ouvrir un espace direct entre les communautés affectées et les autorités provinciales, afin que les réalités vécues par les populations soient prises en compte dans les priorités d’actions de la Province suite aux reflexions en cours.

Un contexte humanitaire marqué par l’insécurité, les déplacements de population et des catastrophes naturelles.

Au cours du dialogue, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a présenté la situation humanitaire de la Province du Sud-Kivu et ses conséquences sur les populations.

 

Durant les trois premiers trimestres de l’année 2026, la province a été confrontée à une situation sécuritaire préoccupante, caractérisée notamment par des affrontements armés, avec l’utilisation de drones et de l’artillerie, des restrictions d’accès humanitaire, des risques accrus de déplacements forcés, des destructions de biens ainsi que des violations des droits humains affectant plus 1.175.860 personnes.

La situation a également été marquée par le resserrement du blocus dans les Hauts Plateaux de Fizi, Uvira et Mwenga. Certaines zones connaissent une interruption totale des télécommunications et la faible connectivité Internet qui limite certaines interventions des acteurs humanitaires à poursuivre leurs réponses aux personnes affectées.

Mouvement des populations à grande échelle au Sud-Kivu

Selon le rapport de la Commission des Mouvements de Populations (CMP), arrêté au 31 août 2026 et présenté par OCHA lors du dialogue provincial, la province du Sud-Kivu comptait 1.175.860 personnes déplacées internes et 1 .163. 119 personnes retournées.

Ces chiffres illustrent l’ampleur des mouvements de population dans la province et rappellent l’importance de renforcer les mécanismes de protection, d’assistance et d’accompagnement des communautés affectées, aussi bien les personnes déplacées que celles qui regagnent leurs milieux d’origine.

Un dialogue pour faire entendre les voix des communautés

Au-delà des présentations sur le contexte humanitaire, ce dialogue a permis aux populations affectées des territoires de Fizi et d’Uvira de partager leurs expériences des interventions en cours, d’exprimer leurs préoccupations et de faire connaître les difficultés auxquelles elles sont confrontées au quotidien.

Les échanges ont notamment porté sur les besoins en matière de protection, de sécurité et d’accès aux services essentiels. Cette démarche a permis de rappeler que les communautés ne doivent pas être considérées uniquement comme des bénéficiaires de l’aide, mais également comme des actrices à part entière dans la recherche de solutions aux crises qui les touchent.

Des travaux de groupe pour identifier des solutions concrètes

Durant les deux jours, les participants ont également pris part aux travaux de groupes réunissant notamment des représentants des populations affectées et des décideurs provinciaux. Ces échanges ont permis d’identifier des causes profondes, pistes de solutions réalisables et de formuler des recommandations destinées aux décideurs. Les discussions ont ainsi offert un espace de dialogue entre les communautés et les responsables concernés, afin de mieux prendre en compte les réalités du terrain dans les actions futures.

Les recommandations formulées constituent une base de réflexion pour orienter les interventions et renforcer les réponses aux besoins prioritaires des populations du Sud-Kivu.

Les autorités provinciales réaffirment leur engagement aux côtés des populations

La participation des autorités provinciales a également témoigné de l’importance de renforcer la collaboration entre les institutions publiques et les acteurs humanitaires pour répondre aux besoins des communautés affectées par la crise.

Prenant la parole en qualité de Représentant de Son Excellence Monsieur Professeur Jean-Jacques Purusi Sadiki, Gouverneur de Province du Sud-Kivu, Son Excellence Monsieur Kasaza Nyamalyonko a réaffirmé la disponibilité des autorités Provinciales  d’accompagner les interventions d’ActionAid International RDC en faveur des populations touchées par les conflits armés.

 “Nous, Gouvernement Provincial sommes disposé  assurer l’accompagnement des interventions d’ActionAid et autres partenaires humanitaires dans notre juridiction tout en priorisant les besoins des populations touchées par les conflits armés. Nous sommes également présents pour réaffirmer notre soutien et notre accompagnement jusqu’au rétablissement de la paix dans notre Province”, a-t-il déclaré.

Les femmes au cœur du changement : renforcer l’autonomie économique et la cohésion sociale

Parmi les participantes figurait Madame Azazia Nabintu Rosette, membre du groupe de femmes de l’Espace sûr soutenu par ActionAid à Uvira. Elle a partagé les changements observés dans la vie des femmes grâce aux activités d’accompagnement et de renforcement de leurs capacités.

À travers l’Espace sûr, les femmes ont bénéficié de formations pratiques en coupe et couture, pâtisserie, fabrication de savon et vannerie. Ces apprentissages leur permettent de développer des activités génératrices de revenus et de renforcer leur autonomie économique afin de réduire leur dépendance financière.

ActionAid a également mis à leur disposition les matériels nécessaires à l’apprentissage et les a accompagnées dans la mise en place des Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC). Ces initiatives favorisent l’entraide, l’épargne, la cohésion sociale et les possibilités de financement au sein des communautés.

En parallèle, les femmes bénéficient de formations sur la cohésion sociale et la prévention des conflits, afin de renforcer leur participation à la consolidation de la paix dans leurs milieux de vie.

Elle recommande la poursuite du projet pour renforcer l’autonomisation, estimant que les besoins restent nombreux au sein des communautés et que davantage les femmes devraient pouvoir bénéficier de cet accompagnement pour dignité.

Les jeunes interpellent les décideurs sur les défis de l’éducation

La voix des jeunes a également été entendue lors de ce dialogue. Safi Kabanji Georgette, élève en troisième année des humanités scientifiques à l’Institut de Kalundu, a attiré l’attention des décideurs sur les difficultés rencontrées par les élèves dans leur apprentissage.

Elle a expliqué que, malgré les enseignements théoriques dispensés dans les écoles, les élèves ne disposent pas de laboratoires au sein de leur établissement pour réaliser des travaux pratiques afin  mieux assimiler les matières étudiées.

Face à cette situation, elle a lancé un appel aux autorités provinciales afin qu’elles puissent doter les établissements scolaires de laboratoires adaptés, permettant aux élèves de mettre en pratique les connaissances acquises en classe.

Son témoignage rappelle que l’accès à une éducation de qualité ne dépend pas uniquement de la disponibilité des enseignants et des cours, mais également de l’existence d’infrastructures et d’équipements pédagogiques appropriés.

Le dialogue provincial a également permis aux enfants de faire entendre leurs préoccupations et leurs attentes en matière d’éducation. C’est le cas d’Azina Mwene’Obyo, élève en sixième année primaire à l’École primaire Ekyengya Misha, située à Sebele, dans le territoire de Fizi.

Pour sa première visite à Uvira, à l’occasion de ce dialogue provincial, cette jeune élève a exprimé sa reconnaissance envers ActionAid RDC pour les infrastructures scolaires réalisées dans son établissement, notamment la construction de trois salles de classe, d’un bureau et de toilettes, distribution des kits scolaires et formatons de leurs enseignants.

Elle a toutefois plaidé pour la poursuite de ces efforts, en recommandant la construction de salles de classe supplémentaires afin que davantage d’élèves puissent étudier dans de bonnes conditions.

Azina a également lancé un appel à ActionAid pour que d’autres écoles du territoire de Fizi puissent bénéficier d’un accompagnement, notamment à travers la distribution de kits scolaires. Selon elle, de nombreux enfants dans cette partie de la province ne disposent pas des fournitures scolaires nécessaires pour poursuivre convenablement leur apprentissage, etc.

À travers ce dialogue provincial, ActionAid International RDC a contribué à créer un espace d’échange entre les populations affectées, les autorités provinciales et les acteurs humanitaires. Les témoignages recueillis et les recommandations formulées rappellent la nécessité de placer les communautés au centre du processus de décision et de renforcer les partenariats pour répondre durablement aux conséquences de la crise dans la rPovince du Sud-Kivu.

Au-delà des deux journées de rencontre, l’enjeu reste désormais de valoriser les recommandations issues des échanges et de favoriser leur prise en compte dans les actions et les décisions futures, afin de contribuer à restaurer l’espoir, la dignité et l’avenir des personnes touchées par la crise.