ActionAid RDC et Start Fund accompagnent les communautés dans leur relèvement après la catastrophe à Nkoso I et Nkoso II en territoire de Bikoro
Le 3 avril, de violents vents ont frappé les villages de Nkoso I et Nkoso II, dans la zone de Ntondo, territoire de Bikoro, province de l’Équateur. En quelques heures, des maisons ont perdu leurs toitures, des écoles ont été endommagées et le seul centre de santé de la zone a été gravement touché. Pour de nombreuses familles, cette journée de pluie a emporté des années d’efforts.
Cette situation rappelle une réalité de plus en plus visible : le changement climatique n’est plus une menace lointaine ni un simple discours. En RDC, comme dans plusieurs régions du monde, les populations subissent déjà les conséquences de phénomènes climatiques de plus en plus extrêmes, imprévisibles et destructeurs.
À Nkoso, les habitants parlent encore de cette journée avec émotion.
« Nous avons entendu le vent devenir de plus en plus fort. Les enfants pleuraient. Nous avons quitté la maison en courant sans rien prendre. », raconte Maman Eleka, mère de six enfants rencontrés au village de Nkoso I.
Au lendemain des intempérie, plusieurs familles se sont retrouvées sans abri, dormant chez des proches ou sous des installations de fortune. Les enfants ne pouvaient plus retourner à l’école et les communautés faisaient face à un accès encore plus limité à l’eau potable et aux services essentiels.
Dans cette partie de la RDC, les habitants font déjà face à de nombreux défis liés à des conditions de vie précaires, au manque d’accès aux services sociaux de base et aux effets croissants du changement climatique. Les saisons deviennent plus irrégulières et les catastrophes naturelles fragilisent davantage les moyens de subsistance des familles.
Face à cette situation, ActionAid RDC, en partenariat avec l’organisation locale CBS, membre du HUB RDC, et avec le soutien du Start Fund, a lancé une réponse multisectorielle d’urgence de 45 jours pour accompagner les familles affectées dans leur relèvement. Les activités prévues répondent aux priorités exprimées par les populations touchées. Plus de 1 114 élèves issus des cinq écoles affectées recevront des kits scolaires pour soutenir la reprise de l’apprentissage.
Dans le domaine de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, 626 ménages bénéficieront de kits pour le traitement et la conservation de l’eau afin de réduire les risques de maladies hydriques, notamment le choléra.
Une assistance en cash sera également fournie à 626 ménages, soit plus de 3 756 personnes, afin de leur permettre de répondre à leurs besoins les plus urgents : trouver un abris, remplacer des biens essentiels ou relancer de petites activités de survie.
Des séances de sensibilisation seront aussi organisées autour de la prévention du choléra et des bonnes pratiques d’hygiène. Au total, près de 4 930 personnes bénéficieront directement de cette intervention, avec une attention particulière portée aux familles ayant perdu leurs maisons, aux femmes enceintes et allaitantes, aux enfants, aux personnes âgées, aux personnes vivant avec handicap et aux communautés autochtones.
À son arrivée à Nkoso I et II, Madame Rosette Mokabi, responsable du projet d’ActionAid RDC en collaboration avec son partenaire CBS ont échangé avec les membres de la communauté afin de mieux comprendre l’ampleur des difficultés que traversent les familles, les enfants et le corps enseignant après cette catastrophe. « Les familles touchées par cette catastrophe climatique ont besoin d’une réponse rapide, mais aussi d’un accompagnement qui respecte leurs priorités, leur dignité et leur résilience », affirme-t-elle.
Au-delà de l’aide d’urgence avec l’appui financier de Start Fund, cette intervention soutient aussi les efforts des familles pour reconstruire progressivement leur quotidien.
Lors des cérémonies de lancement organisées respectivement à Nkoso I, Nkoso II et à Mbandaka, les équipes ont présenté les différentes activités prévues et échangé avec les populations bénéficiaires. Le chef coutumier de Nkoso I, Kangabomboyo Donnat, a salué cette initiative : «Nous sommes heureux de voir qu’un projet comme celui-ci peut contribuer, petit à petit, au changement dans notre localité. Nous demandons simplement à ne pas être oubliés. Revenez aussi pour continuer à nous former afin que nous puissions travailler ensemble pour le développement durable de notre région.»
À Nkoso, malgré les pertes et l’incertitude, les familles commencent peu à peu à reconstruire leur quotidien. Et dans cette reconstruction, la solidarité reste l’une des forces les plus importantes.